Les chiens d'aide à la personne partent-ils à la retraite ?

Pourquoi les chiens doivent-ils partir en retraite ?

Lorsque pense au chien d’aide à la personne, l’image qui se présente à l’esprit est plutôt celle d’un chien dans la force de l’âge qui guide son maître déficient visuel, ou encore celle d’une jeune chienne câline qui attendrit des personnes âgées dans une maison de retraite. Ces représentations se basent sur un constat simple : pour qu’un chien puisse travailler, il doit être en bonne santé, c’est-à-dire, ne souffrir d’aucune douleur ou pathologie invalidante et être en pleine possession de ses capacités psychiques et psychiques. Or, l’âge avançant, des signes de sénilité et/ou des pathologies apparaissent. Cela nuit nécessairement à la qualité de vie du chien au travail. Son bien-être étant mis en cause, le chien peut travailler moins bien ou même commencer à présenter un danger pour lui-même et son référent. Dès que se manifestent un trouble physique et/ou psychique, le chien est évalué par les professionnels compétents, c’est-à-dire son vétérinaire et son éducateur canin de l’école qui l’a remis. La suite sera déterminée par cette première évaluation.

La mise en retraite progressive

Il arrive que certains chiens ne parviennent pas à l’âge de la retraite parce qu’ils contractent soudainement une maladie grave qui les invalident ou malheureusement les emportent. Néanmoins, et heureusement, la grande majorité d’entre eux pourront bénéficier de ce temps de vie sans travail. Si l’on reprend le parcours des chiens d’aide à la personne, on observe une grande constante : ils sont toujours entourés d’humains et ont toujours connu des journées ponctuées d’activités diverses. De leur naissance à la retraite, ils sont passés de la pouponnière à la pré-éducation, à l’éducation puis au travail : dans tous les cas, les contacts avec les humains étaient permanents. Leurs missions de chiens d’aide à la personne les rendent actifs à plus d’un titre. Ces chiens intelligents et doués sont souvent à l’origine d’initiatives diverses et variées et ils ont l’habitude d’être sollicités. Il est impossible de les mettre à la retraite du jour au lendemain, car ils ne comprendraient tout simplement pas pourquoi ils ne sont plus impliqués dans le quotidien de leur maître comme c’était le cas avant. Il est donc indispensable de planifier un retrait progressif de l’activité. C’est aussi nécessaire pour le maître, en particulier pour la personne en situation de handicap qui compte sur la présence de son chien pour son autonomie. En effet, la demande de renouvellement du chien doit tenir compte de la présence de l’ancien chien de sorte à planifier l’arrivée de son remplaçant. La situation est alors chargée émotionnellement : lorsque le mot retraite est prononcé, il est bien souvent associé à la perte potentielle d’un compagnon de vie et, pour la personne handicapée, à la perte d’un soutien à l’autonomie. Heureusement, par l’intermédiaire du suivi assuré annuellement, les centres d’éducation planifient cet événement avec le référent du chien. 

Et comment se passe la retraite ?

Lorsqu’arrive le jour J de la retraite, trois possibilités sont envisageables.

 

La première est que le chien reste au domicile de son référent. Cela est possible lorsque le foyer garantit une présence humaine constante. Il ne faut pas qu’il y ait plus de trois heures de solitude (la présence d’autres animaux ne compte pas) par jour pour le chien. Lorsque le référent du chien travaille et que personne d’autre ne peut assurer de présence au domicile, il faut alors considérer l’une des deux autres options pour garantir le bien-être du chien.

 

 

La deuxième mobilise le référent du chien. Celui-ci va chercher dans son entourage une personne qui peut garantir cette présence auprès du chien : des parents retraités suffisamment actifs, une sœur qui a pris un congé parental de longue durée, un(e) ami(e) qui travaille à domicile… Cette solution du placement chez un proche permet de maintenir des liens forts avec le chien, sachant que l’animal est généralement familier de la personne qui va l’accueillir. Bien souvent, la personne est d’ailleurs ravie d’ouvrir son foyer à ce nouvel habitant et il n’est pas rare qu’elle se soit manifestée longtemps à l’avance : « si jamais ton chien cherche une nouvelle maison, sache que je veux bien l’adopter ! » 

Dans quelques cas, le référent n’a pas la capacité de le garder du fait de son activité professionnelle ou de la taille de son logement et n’a personne pour accueillir son chien. Heureusement, les centres d’éducation peuvent compter sur des bénévoles au grand cœur : les familles de retraite. Celles-ci adoptent le chien à la retraite et lui offre l’environnement idéal pour des jours heureux, à savoir une présence en continue avec un maximum de trois heures d’absence par jour. Si vous souhaitez devenir famille de retraite, prenez contact avec le centre d’éducation le plus proche de chez vous (carte des membres).